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(App. n° 1).
Il y a deux sortes d'eunuques: ceux qui s'habillent en hommes et ceux qui se font passer pour des femmes.
Ce que l'on fait aux femmes sur le Jadgana, se fait dans la bouche de ces eunuques; cela s'appelle l'auparishtaka (App. n° 2). C'est le moyen d'existence de ces eunuques qui vivent comme des courtisanes (App. n°3).
Les eunuques qui s'habillent en hommes cachent leurs désirs. Quand ils veulent y donner cours, ils font le métier de masseurs.
Un eunuque de cette sorte tire à lui les cuisses de l'homme qu'il masse et lui touche les joints des cuisses et le jadgana.
S'il trouve le linga en érection, il l'excite par le jeu de la main.
Si l'homme, qui connaît par là son intention, ne lui-dit pas de procéder à l'auparishtaka, il commence de lui-même à besogner.
Si, au contraire, l'homme lui en fait la demande, l'eunuque paraît s'offenser d'une telle proposition, n'y consent et ne s'y prête qu'avec difficulté.
Il se livre alors à huit exercices gradués, mais ne passe de l'un à l'autre que sur la demande de l'homme.
1° L'UNION NOMINALE.--L'eunuque, tenant le linga dans la main et le pressant entre ses lèvres, imprime un mouvement à sa bouche.
2° La MORSURE SUR LES CÔTÉS.--L'eunuque saisit avec ses doigts ramassés comme le bouton d'une plante ou d'une fleur le bout du linga et il en serre les côtés avec ses lèvres et même avec les dents.
3° La SUCCION EXTÉRIEURE.--L'eunuque presse le bout du linga avec ses lèvres fortement serrées elle pousse dehors par cette pression, et puis le reprend avec ses lèvres et répète le même jeu.
4° La SUCCION INTÉRIEURE.--L'eunuque introduit le linga Dans sa bouche, le presse avec ses lèvres et le tire en dehors; puis il le reprend dans sa bouche et continue ainsi.
5° Le BAISER.--L'eunuque, tenant le linga dans sa main, le baise à la manière décrite pour le baiser de la lèvre inférieure.
6° Le LÈCHEMENT.--Après le baiser, l'eunuque touche le linga de tous les côtés avec la langue et en lèche le bout.
7° La SUCCION DE LA MANGUE.--L'eunuque met la moitié du linga dans sa bouche et le suce avec force.
8° L'AVALEMENT.--L'eunuque introduit le linga tout entier dans sa bouche et en presse le bout au fond de sa gorge, comme s'il voulait l'avaler.
Les domestiques mâles font quelquefois l'auparishtaka à leur maître. Il se pratique aussi entre intimes.
Quelques femmes du harem, très ardentes, se le font aussi entre elles, en unissant la bouche à l'yoni (c'est un mode des amours lesbiennes ou saphiques, la titillation du clitoris par la langue).
Quelques hommes caressent ainsi le yoni des femmes et y font les mêmes actes et mignardises que dans le baiser de la bouche (App. 4 et 5). Dans ce cas, quand la femme est renversée, la tête en bas, vers les pieds de l'homme, celui-ci caresse le yoni avec sa bouche et sa langue. C'est _l'union de la corneille _(figurée au temple souterrain d'Éléphanta).
Par passion pour cette sorte de plaisirs, des courtisanes quittent des amants généreux et possédant de bonnes qualités pour s'attacher à des esclaves et à des cornacs (App. 6).
Contrairement à l'opinion des anciens casuistes qui sont plus sévères, Vatsyayana est d'avis que l'Auparishtaka n'est défendu qu'aux maris avec leurs femmes. Il ajoute que, pour les pratiques de l'amour, on ne doit obéir qu'à l'usage du pays et à son propre goût.
On retrouve cette maxime chez les philosophes grecs et chez ceux du XVIIIe siècle.
«L'amour, dit Zenon, est un dieu libre, n'ayant d'autre fonction à remplir que l'union et la concorde.»
«Tout est femme dans ce qu'on aime, dit Lamettrie, l'amour ne connaît d'autres bornes que celles du plaisir.»
Ce principe a été appliqué sans réserve, aussi bien dans le siècle du grand Frédéric que dans celui de Périclès. Frédéric lui-même passait pour sodomiste; Catherine de Russie se livrait à toutes les dépravations et avait constamment deux amants bien choisis. Que n'a-t-on pas dit du Régent et de ses filles!
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